La science contre le crime
Vous
trouverez sur cette page un historique de l’évolution de la science
contre le crime. Cet historique est divisé en plusieurs parties, chaque
partie correspondant à une technique bien spécifique.
1 - l'anthropométrie
L’anthropométrie est aussi appelée dactyloscopie. Elle fut utilisée à
partir de 1870 pour identifier des personnes, selon l’idée du docteur
Henry Faulds, chirurgien à l’hôpital de Tokyo, qui avait remarqué des
empreintes digitales sur une poterie préhistorique. Il fit une 1ère classification et fut le 1er à identifier des empreintes sur un flacon.
Francis Galton (1822-1911) étudia les empreintes digitales pendant dix ans et publia en 1892 un ouvrage, Fingerprints (Empreintes digitales), dans lequel il établissait l’unicité et la permanence de ces figures cutanées et proposait un système de classification. Il démontra qu’il n’y a pas deux empreintes semblables et que les empreintes restent identiques chez un même individu au cours de sa vie. Il calcula qu’il y avait seulement une chance sur 64 milliards que deux individus aient les mêmes empreintes. En 1891, le premier fichier d’empreintes fut mis en place en Argentine par Juan Vucetich (1858-1925), un dirigeant de la police qui fut aussi le premier à identifier un criminel par ses empreintes en 1892. Celui-ci associa à son fichier les données issues du système anthropométrique d’Alphonse Bertillon (1853-1914). Ce dernier avait créé en 1879 un système d’identification des criminels par leurs mensurations (mesures osseuses). Son système, mis en œuvre en France à partir de 1882, fut adopté cinq ans plus tard avant de se généraliser dans la plupart des pays. En 1888, il introduisit l’usage des photographies anthropométriques, profil droit et face, prises selon des règles codifiées. Bertillon a beaucoup contribué à faire progresser les techniques policières, exigeant notamment le relevé des indices sur le lieu du délit et mettant au point une méthode pour relever les signalements. L’utilisation des empreintes digitales fut améliorée par Edwards Richard Henry (1850-1931), chef de la police londonienne. Bertillon introduisit également en 1903 une nouvelle méthode pour relever les empreintes sur des surfaces lisses. En 1910, à Lyon, un jeune médecin, Edmond Locard (1877-1952) crée le premier laboratoire de police, ce qui marque les vrais débuts de la police scientifique. Aujourd’hui, les empreintes sont photographiées, numérisées et traitées par ordinateur. Des programmes spécifiques les comparent, identifient les similitudes et les différences en un temps très court et les fichiers d’empreintes restent donc un outil d’investigation criminelle important.

Docteur Henry Faulds Francis Galton Juan Vucetich

Alphonse Bertillon Edmond Locard
2 - La médecine légale et la toxicologie
Bien d’autres méthodes issues de la biologie se sont ajoutées au cours
de l’histoire aux procédés anthropométriques et dactyloscopiques. La
trace la plus ancienne de l’utilisation de la médecine pour résoudre un
crime remonte à 1248, date de publication d’un traité chinois, le Hsi Duan Yu
(littéralement, le Lessivage des erreurs) dans lequel est indiqué le
moyen de distinguer sur un cadavre strangulation et noyade. En Europe,
le pionnier de la médecine légale fut Mathieu Orfila (1787-1853),
médecin et chimiste français qui publia entre 1813 et 1815 un Traité des poisons ou Toxicologie générale.
Le savant anglais James Marsh construisit en 1836 le premier appareil
de dépistage de l'arsenic à partir d'humeur ou de tissu humain.
L'examen au microscope optique et
électronique des poils et des cheveux permet par ailleurs d’identifier
l’espèce et leur état peut apporter des informations sur les
circonstances d’un crime. La première étude des poils fut menée en 1869
par le médecin allemand Rudolph Virchow (1824-1902). En 1910, Victor
Balthazard, professeur de médecine légale à
La
toxicologie est aussi un moyen de faire parler les cheveux et les
poils, qui fixent les substances étrangères présentes dans l'organisme,
comme les médicaments, les stupéfiants, les dopants ou les poisons.
Apparue il y a vingt ans, l'analyse toxicologique du cheveu joue
aujourd'hui un rôle clé dans l'arsenal médico-judiciaire.
En
France, l'odontologie légale est apparue en 1897 et permit alors
d'identifier les quelques 120 victimes carbonisées retirées des
décombres d'un incendie. L'identification dentaire est avant tout
fondée sur une comparaison entre des documents fiables ante mortem
(recueillis auprès des proches du défunt) et post mortem, relatif à la
denture du sujet. L'exploitation de ces indices maxillo-dentaires est
par ailleurs en mesure de proposer une estimation de l'âge de la
victime et une détermination de son sexe.
3 - Empreintes génétiques
Si
les indices biologiques sont exploitables depuis un peu plus d’un
siècle, c’est beaucoup plus récemment qu’ils ont été mis à profit pour
établir des empreintes génétiques, une méthode particulièrement précise
d’identification issue des progrès de la biologie moléculaire. En 1978,
Alec Jeffreys fut un des premiers à utiliser une science alors
émergente, la génomique pour étudier les variations de l'ADN humain. En
1985, ce biologiste britannique de l'université de Leicester, met au
point les empreintes génétiques comme instrument d'identification des
individus. Dès 1986, la technique permet aux Britanniques de résoudre
une affaire complexe de meurtre en Angleterre, un succès qui lui vaut
une réputation internationale et achève de convaincre ses pairs. Cent
ans après le début de l'utilisation des empreintes digitales, les
enquêteurs disposent enfin d'une deuxième méthode
d'identification.

Alec Jeffreys Kary B. Mullis
4 – Entomologie forensique
La
première affaire criminelle résolue avec l’aide des insectes date du
treizième siècle en Chine lorsqu’un assassin fut trahi par les mouches
attirées par l’arme du crime, sa faucille. Toutefois, les bases de
l’entomologie criminelle ont été posées en France à la fin du
dix-neuvième siècle par le vétérinaire Jean Pierre Mégnin (1828-1905)
qui publia en 1894

Jean Pierre Mégnin
